Pour celles et ceux qui suivent mon blog, je crois que vous savez que j’ai testé une multitudes d’astuces, de techniques anti-grattage en tout genre, et avec l’expérience et le recul, j’ai pu vraiment identifier ce qui marche vraiment bien, rapidement et sur le long terme. Ces règles marchent pour moi, mais il se peut que ça ne soit pas le cas pour tout le monde, et que d’autres techniques seront plus efficaces pour vous. Ce qu’il faut surtout, c’est de tester, d’essayer, sur le long terme, de s’y tenir tous les jours, pour pouvoir vraiment se rendre compte si ça fait une différence sur l’intensité et la fréquence de vos triturages ou pas.

Allez, on va se la jouer à la Star Wars… c’est pas moi qui l’dit, c’est maître Yoda… 😉

may-the-fourth-yoda

COMMANDEMENT I . DANS LE MIROIR TU NE TE REGARDERAS PAS
Le problème, quand on souffre de dermatillomanie, c’est qu’on ne se regarde plus dans le miroir. On se scrute. On se “vérifie” la peau en permanence. On ne se regarde plus comme avant : avant, on jetait un coup d’oeil à l’ensemble de notre visage, puis on filait. Nous, tocquées de la peau, on se cale devant le miroir, généralement très (trop) proche, et on se scrute longuement chaque centimètre carré de peau, pour se rassurer, ou pour partir à la “recherche”. Et c’est à ce moment là que tout peut bêtement déraper. L’idée, c’est de re-avoir un comportement “normal” et “sain” avec le miroir. C’est la relation qu’on a avec le miroir qu’il faut changer. Au début, soyons honnête, même si on sait qu’on ne doit plus se regarder de trop près dans le miroir, on a beau essayer de s’écarter le plus possible du miroir, on y retourne TOUJOURS à un moment ou à un autre dans la journée. C’est plus fort que nous, et parfois, c’est carrément machinal, automatique. Le nombre de fois ou je me suis dis “zuuuut, te regarde pas bordeeel”. Alors, il faut employer la manière forte : on se fait violence. On se force à ne plus se regarder par un moyen radical….en enlevant les miroirs de la maison, ou au moins de la salle de bain, tout simplement !! Plus de reflet = plus de “srcutage” = plus de vision de nos imperfections = plus d’envies de “faire sortir”. Sinon, scotchez du papiers journaux, ou recouvrez les miroirs de foulards (bien calés hein, l’idée c’est pas de pouvoir les enlever en soufflant dessus à la moindre tentation…). Ne vous regardez que si c’est pour faire une “bonne chose”, pour chouchoutez votre peau (vous mettre en valeur grâce au maquillage, vous faire une coiffure, ou mettre un masque-visage..), et ne vous regardez qu’avec un minuteur en main (montre, sablier..). Une fois le temps écoulé, fuyez !!! Une autre astuce, si vraiment le passage au “no-miroir” vous angoisse encore, vous pouvez tester le skotch que vous placez par terre, à une distance RAISONNABLE du miroir, à 1 mètre. L’idée est de rester derrière ce repère lorsque vous êtes face au miroir, de ne pas allez au-delà, et d’y rester des pieds à la tête (ne penchez pas votre tête pour essayer de voir de plus près hein…j’vous vois v’nir 😉 ). Si ça marche, tant mieux, si ça ne marche pas dans la durée, il va falloir vous y résoudre et cacher les miroirs…plus le choix ! Une vie sans miroir à porté de vue, à chaque mètre parcouru, quoi qu’on fasse, ou qu’on aille, ce n’est pas dramatique, bien au contraire, ça soulage, ça enlève un poids sur les épaules ! Je me sens beaucoup plus libérée depuis que je n’ai plus de miroir (excepté un grand dans le salon, qui me sert à me maquiller seulement. Le fait qu’il soit dans une pièce “de vie”, de passage, m’empêche tout simplement de triturer. Et oui, je ne triture jamais si je risque d’être “surprise” par quelqu’un.). Je dois dire que cette décision me sauve chaque jour un peu plus. Et ne vous inquiétez pas, on s’y habitue très bien. Une fois vraiment guérie, après de longs mois voir plusieurs années, je pense que les miroirs peuvent reprendre leur place chez vous, mais restez à jamais vigilante quant à l’attitude que vous avez quand vous êtes face à un miroir.

COMMANDEMENT II. TON VISAGE TU METTRAS EN VALEUR
Un visage joli, mis en valeur, maquillé, avec les imperfections floutées par un correcteur ou un fond de teint, est un visage que l’on a moins envie de “ruiner”. Pour ma part, si j’ai le malheur de croiser un miroir, le fait de voir ma peau potable et présentable grâce au maquillage me retient du triturage. J’ai beaucoup moins envie de percer, gratter, que si ma peau est nue, avec toutes ces imperfections visibles à longueur de journée. Je me sens plus “sérieuse”, rigoureuse quand je suis maquillée, mise en valeur. Je n’ai pas envie de percer sur une peau maquillée par du correcteur ou du fond de teint (faut dire que pour l’avoir déjà fait, c’est pas agréable du tout comme “sensation”, c’est carrément frustrant et…dégoutant). Je vous conseille donc de vous maquiller, de faire le minimum chaque matin même si vous n’en avez pas envie, pas le temps, pas le coeur, le moral, la flemme ou que vous vous sentez mal dans votre peau, pas jolie… un visage un peu mis en valeur, du mascara, des boucles d’oreilles, ça booste !

COMMANDEMENT III. DU SPORT TU FERAS

Voilà. Le sport ! qui l’eut cru ? Moi ? faire du sport ? HAHAHAHA vous aurais-je dis il y a 3 ans… Mais quelle autre meilleure façon de se “défouler” ? de tout donner, autrement ? de se vider de son énergie, son stress, ses tensions, de manière positive ? à mes yeux, une des meilleures façon d’exulter, de dépenser son énergie en se vidant la tête, de manière saine et constructive, c’est en faisant de l’exercice physique (sport de groupe, tennis, fitness, danse, musculation, natation etc..). Remplacez le temps et l’énergie que vous consacrez à vous faire mal à la peau, par une activité utile, efficace, d’encore plus libérateur. En faisant du sport qui vous fait transpirez, qui vous pousse dans vos retranchements, qui demande du lâcher prise mais en même une rigueur, un contrôle de vous même, vous tenez une clé de votre guérison. Personnellement, je n’ai JAMAIS triturer ma peau après une séance de sport et pendant les heures qui ont suivis…JAMAIS. ça ne m’est même pas venu à l’esprit. La sensation de “vide” que l’on ressent en nous et à la fois de plénitude après avoir fait une séance de sport intensive, est une sensation que vos triturages ne vous donneront jamais : non seulement vous vous sentez vide après une “séance” de triturage (du très mauvais “vide”) mais en plus vous vous sentez plein(e)s de sentiments et d’émotions négatifs : stress, frustration, colère, tristesse et j’en passe ! De plus, faire un sport qui demande un réel investissement physique (efforts) et moral (motivation) vous permet de reprendre réellement le contrôle de votre corps, de vous même, alors que le triturage d’imperfections vous donne seulement L’IMPRESSION d’avoir le contrôle de votre corps, de votre visage, alors qu’en réalité, c’est tout le contraire ! Je trouve que c’est une excellente manière de prendre soin de soi, et de se dépenser autrement que par des moyens malsains, violents et au final, complètement inefficaces même si sur le moment ou on le fait, on en tire un certain plaisir et apaisement, très éphémères.

COMMANDEMENT IV. DES SOINS SIMPLES TU APPLIQUERAS

J’ai testé bon nombre de crèmes, lotions, masques en tout genre pendant des années dans mon combat pour une belle peau. Le problème, c’est que la seule chose qui pouvait vraiment sauver ma peau et améliorer significativement son état, c’était mes propres gestes. Pas les crèmes ! Une fois qu’on parvient à refréner ses perçages, grattages et autres manies destructrices sur la durée, c’est déjà énorme pour votre peau, qui assez rapidement vous remerciera. Cependant, lorsque l’on est en plein dans la dermatillomanie ou que l’on tente de guérir, adopter de nouvelles habitudes soin/beauté est très important. Rien ne sert de mettre 13 802 produits en tout genre, en les accumulant, les superposant. Restez sur 3/4 produits chouchous, simples, si préférence le plus naturel et bio possible (par ex: 1 crème de jour légère, 1 crème de nuit plus nourrissante, 1 masque purifiant MAIS doux ou hydratant, 1 crème anti-acné ou anti-cicatrices). Mettez les tous les jours, sur le très très long terme, sans les changer, même si je peux comprendre que ce soit tentant d’aller tester une dernière nouveauté crémale, en espérant que ce soit plus “efficace”, mais le plus important dans cette phase là de guérison, c’est de se guérir de ses gestes destructeurs, de s’en débarrasser. De plus, c’est vraiment sur le long terme que l’on peut juger de l’efficacité d’une crème ou d’une routine soin (sauf évidement si la peau ne supporte pas une crème, et que dès les premières applications ça pique, ça démange, ça échauffe les joues, ça fait pousser des boutons : ARRETEZ-LA TOUT DE SUITE, votre peau peut faire une allergie, ou être trop fragile, ou la crème ou le masque est trop “chimique” ou contient un composant allergène pour vous. Changez de crème). Depuis que j’applique les mêmes soins, matin et soir, presque tous les jours (sauf les jours de “pause”, ou je ne mets aucunes crèmes, rien du tout), ma peau va mieux. Elle est plus apaisée. Je l’aide en douceur à se réparer. Je ne la perturbe pas en changeant de crèmes ou de masque tous les 10 jours. J’ai une routine simple, et plutôt naturelle (que vous pouvez retrouver ici).

COMMANDEMENT V. DE TA VUE TES BOUTONS TU CACHERAS
Quand je ne me maquille pas, je cache quand même mes boutons d’une autre façon !! Je mets un masque opaque histoire de moins voir mes boutons ou cicatrices. Ou alors, je mets uniquement sur mes boutons la Pâte Payot, très opaque. Non seulement, je vois plus mes boutons mais en plus, je sais que le masque ou la pâte traitent un peu mes imperfections ! Cette technique, c’est plutôt quand on a encore un accès à volonté aux miroirs, quand ils sont toujours accrochés au mur et qu’on risque de passer devant pour “checker” sa peau. Cela dit, même si vous n’avez plus de miroirs, c’est une bonne façon de prendre soin de sa peau lorsque l’on est tranquille à la maison. Sinon, pour ne plus voir ses boutons, se referez au commandement 1 ! 😉 mais si vous possédez toujours des miroirs chez vous, surtout dans la salle de bain, nettoyez vous le visage, les dents, mettez vos crèmes ou prenez votre douche DANS LE NOIR (pendant la douche carrément, ou à la sortie de la douche), ou au moins dans la pénombre, en allumant la lumière de la pièce d’à côté, en gardant la porte ouverte. De cette manière, vous vous voyez dans le miroir un minimum, mes vos boutons et imperfections ne sont pas visibles. Une autre astuce, autre que l’absence de lumière, est de remplacer la lumière de la salle de bain par une ampoule rouge. ça émet une luminosité à dominante rouge, le rouge neutralisant les reliefs de la peau, les contrastes, les dépigmentations, les rougeurs etc. Votre visage vous paraitra plus net, plus lisse, et les boutons et cicatrices seront énormément floutés et atténués.

COMMANDEMENT VI. TES OBJECTIFS JAMAIS TU N’OUBLIERAS

Et oui ! En pleine guérison, et même une fois guérie, il peut se passer un truc bizarre dans le cerveau, que j’ai vécu pas mal de fois (surtout quand ma peau allait plutôt bien). On oublie. Oui, c’est bizarre, mais c’est comme si parfois on “zappait” nos objectifs, nos envies, nos règles. Par lassitude peut-être, par retour du trouble certainement. C’est comme si le cerveau vient “dédramatiser” ce qu’on s’apprête à faire (scruter – gratter) tant il a BESOIN qu’on le fasse (le triturage est une forme d’addiction). Alors, surtout, avant chaque make-up, passage devant le miroir, sortie de douche : pensez, réfléchissez, rationalisez. Re-mémorez vous pourquoi, quand, comment. Listez dans votre tête les DO et DON’T, penser à votre objectif, comment l’atteindre, re-actualiser tous les jours, chaque matin, votre combat. On a tendance à vite se croire “guérie”, à vite se reposer sur ses lauriers, alors que le combat pour guérir durablement est quotidien, et ce pendant très longtemps. Même si notre trouble disparait de notre vie pendant des années, il peut toujours resurgir, sans qu’on s’y attende, à un moment ou à un autre. Alors, n’oubliez jamais comment c’était hier….Gardez toujours sous le coude des photos de votre peau pleines de croûtes, histoire de vous “dégoutez” un peu, ou de la peau d’une soeur ou d’un frère de peau, écrivez vos objectifs sur un papier à lire tous les matins, coller des post-it sur votre miroir ou écrivez dessus au rouge à lèvres des phrases d’encouragements, de motivation, des pensées positives etc… Pour toujours se rappeler !

COMMANDEMANT VII. DU BIEN TU TE FERAS

Pour s’en sortir, il faut changer beaucoup de choses dans son quotidien, et pas uniquement dans ses habitudes envers sa peau (crèmes, gestes..). C’est tout un ensemble. Le problème principale quand on souffre de dermatillomanie, chez beaucoup de “tocquées de la peau”, c’est notre rapport à nous-même, notre vision de nous-même, notre self-esteem, comment on se voit, comment on se considère. Très généralement, dermatillomanie rime avec mal-être : le mal-être que génère la dermatillomanie, mais aussi le mal-être QUI génère la dermatillomanie. Croyez vous que quelqu’un de bien dans sa peau, dans sa tête, qui a confiance en elle, qui est en paix, avec elle-même, avec son passé, se torturerait la peau du visage (ou du corps) de la sorte ? de manière excessive et obsessionnelle ? Je pense qu’en parallèle d’un travail psychologique d’introspection (se référer au Commandement IX), de verbalisation, pour mieux se connaître et déterminer le Pourquoi du Comment, il est essentiel de changer son comportement vis à vis de soi-même, autant dans ses pensées, ses opinions sur soi-même, que dans le contrôle de ses émotions, et de ses actes envers son corps. Soyez l’artisan de votre bien-être et plus largement, de votre bonheur. Mais pour en être l’artisan, encore faut-il penser le “mériter”, en quelque sorte. Quand on est convaincu qu’on est digne d’être aimée, que l’on mérite d’être heureuse, finalement, le triturage et tout le mal-être que l’on se fait, perd vite de son sens et de son intérêt. On se rend compte que, tout simplement, on ne mérite pas ça. Et on mérite encore moins de SE faire soi-même tout ce mal. En parallèle d’un changement d’état d’esprit, il FAUT s’accorder des moments rien qu’à soi, à se détendre, à se faire plaisir. Je pense que c’est essentiel d’apprendre à s’aimer et de se le montrer. Prendre un thé devant une série télé, rester chez soi tranquille à lire un bouquin, prendre un bon bain chaud en écoutant de la musique, aller se balader, faire du shopping, s’offrir quelque chose qui nous fait plaisir, une nouvelle paire de chaussures, un massage. Toutes ces petites choses qui sont tout sauf des détails. Toutes ces choses qui peuvent paraître de prime abord “futiles”, “légères”, mais qui, j’en suis convaincu, sont beaucoup plus importantes et profondes que ce qu’on a tendance à croire. C’est une manière comme une autre de s’accorder à soi même aussi de l’importance, de l’attention, de s’estimer et de reprendre confiance en soi. Il faut dire qu’à force, la dermatillomanie détruit progressivement la confiance en soi. Ca peut nous faire perdre toute assurance, tout bien-être. Réconciliez-vous avec vous même par des activités et des passe-temps agréables, apaisant, dès que vous en avez l’occasion.

COMMANDEMENT VIII. DE TOLERANCE 0 TU FERAS PREUVE

Honnêtement, m’autoriser à toucher à quelques boutons de temps en temps, ou établir un “quota” de boutons que je peux toucher par semaine, est été une solution sur le court terme. C’est extrêmement risquer de “jouer avec le feu” de cette façon…Pour ma part, ça a marché un temps, on croit gérer, mais il suffit qu’on soit un peu fatiguée, stressée, ou contrariée un jour pour qu’on “dérape”, qu’on appuie trop fort, ou qu’on rajoute 3 ou 4 boutons dans le package, et là c’est foutu, on “replonge”. Le triturage impulsif est un trouble du comportement. C’est comme une sorte d’addiction. Admettons que nous sommes des “dépendants”, des “accros”, des “addicts”, comme le serait une personne alcoolique par exemple : un alcoolique va guérir et se libéré de son addiction en cessant de boire COMPLETEMENT. Il parvient à rester guéri dans le temps en arrêtant de consommer, et ce totalement, pas un seul verre, pas même une goutte, même des années après. C’est de cette façon que les personnes alcooliques ou addicts aux drogues s’en sortent, dans la très grande majorité des cas. C’est en arrêtant de consommer. à vie. point. Ils sont trop vulnérables face à l’alcool ou aux drogues pour se permettre d’en consommer à nouveau de manière “normale et modérée”. Leur cerveau restera vulnérable face à de l’alcool ou un rail de coke même s’ils sont guéris depuis 15 ans. Et c’est la cas pour beaucoup d’anciens alcooliques ou addicts. (sans avoir fait bac +8 en psychologie, je crois que ce sont des connaissances de base que nous avons tous déjà entendu de la bouche de professionnels de la santé, ou dans des campagnes de sensibilisation.). Moi, j’essaie de partir de ce même principe pour la dermatillomanie. Evidement que chaque addiction est différente, unique, mais après l’avoir vécu plusieurs fois, jamais toucher de temps en temps à mes boutons, en essayant de le faire de manière “normale”, “raisonné” ne m’a aidé. à chaque fois j’ai fini par tomber dans le piège. Alors, je ne touche plus aucun de mes boutons, points noirs ou autre. Même ceux qui sont extrêmement blancs, gonflés et douloureux. J’attends le plus longtemps possible avant de faire un gommage au sucre, et hop ils s’écoulent. Ou alors, j’appuie sur la peau qui est juste à côté du bouton, à gauche ou à droite, avec un seul doigt, et le bouton s’écoule tout seul (et pour qu’un bouton s’écoule de lui même, c’est que c’est vraiment un très gros bouton…). C’est la seule chose que je m’autorise à faire si j’ai vraiment un bouton-mutant comme je les appelle… Et puis, ce n’est pas en continuant à avoir un geste à tendance destructrice qu’on s’en libère ! Il faut se détacher par tous les moyens de ce fameux geste de “percer”, de “gratter”, il faut tout faire pour le sortir de notre quotidien, de nos habitudes, de notre gestuel. NO HANDS ON THE FACE !!!! ça fait tellement bizarre au début de ne plus le faire, tellement on avait l’habitude de le faire comme quelque de chose de banal, d’instinctif, et puis on fini par progressivement “oublier” qu’on ne fait plus le geste que l’on a pourtant répéter maintes et maintes fois pendant des années. Et ce moment ou on se dit “en fait, je peux carrément vivre sans faire ça, et sans en ressentir le moindre manque” est MAGIQUE !! Un jour ou l’autre, à force de ne plus percer, on a la hantise absolu d’avoir à nouveau une croûte sur le visage (parce que à un moment, on ne peut juste PLUS DU TOUT supporter quoi que ce soit de crouteux, sec ou blessé sur notre peau, par notre seule faute), et le fait même d’imaginer “percer”, “triturer” quoi que ce soit nous dégoûte. ça me répugnait. Pas tant visuellement, mais surtout symboliquement, psychologiquement. Le caractère maladif, malsain du geste a fini par m’écoeurer vraiment vraiment. Alors, plus aucune envies malgré qu’il y ai matière à tentations….mais, même pas tentée…(comme avec la clope en fait, après des mois d’abstinence, j’ai refumé une clope, le goût m’a dégouté comme jamais, j’ai même pas pu la finir…quand on fume, on se rend pas compte en fait que ça a un sale goût !)

COMMANDEMENT IX. SUR TOI UN TRAVAIL PSYCHOLOGIQUE TU FERAS

L’aspect psychologique de la dermatillomanie est essentiel à identifier, pour comprendre ce trouble, pour SE comprendre. Pour ma part, ce trouble a été comme un appel au secours que mon esprit m’envoyait, pour qu’enfin je prenne mon mal-être en considération et que je le règle surtout. ça s’est imposé à moi. Evidemment, avant que je souffre de vraie dermatillomanie avec tout ce que cela comporte, j’ai toujours plus ou moins “tripoté” mes imperfections depuis l’adolescence. assez régulièrement, de façon “raisonnable”. Je ne me suis jamais blessé la peau jusqu’au jour ou ça a été le cas. Ce jour, j’étais anxieuse, stressée, en colère depuis déjà des mois. Conflits avec mon entourage, isolement recherché, ruminations, manques etc… ça a pas loupé !! à chacun son histoire, à chacun ses “déclencheurs”, mais il y a pour tous les dermatillomanes, quelque chose en nous, qui ne “va pas”. ça peut aller d’un simple stress que l’on a du mal à gérer, à un perfectionnisme extrême, en passant par un manque de confiance en soi, à une situation dans votre vie qui ne vous convient plus, ou carrément un mal aise lié à des émotions négatives intenses liées à des événements traumatisants. Parler de soi, verbaliser nos doutes, nos colères, nos frustrations, se regarder en face, accepter qu’on a une part de souffrance en nous est, je pense, une des clés de la guérison. Nos gestes seront “pacifiques”, notre peau sera apaisée, que lorsque dans notre tête, on se sentira apaisé. Aller voir un psychologue est un premier pas vers la guérison. Mais, le plus gros travail sur vous-même, c’est vous qui le ferez, le psychologue n’étant là “que” pour mettre en lumière ce que vous ne voyez pas/ne voulez pas voir, en vous amenant à réfléchir sur vous-même au travers de questions. Encore faut-il trouver le bon ! Tous les psychologiques/psychiatres n’ont pas une super connaissance de ce trouble qu’est la dermatillomanie…mais heureusement, nous, dermatillomanes, ont commence à se faire entendre ! Pour ma part, je suis allée voir un psychologue 4 fois. ça peut semblé très peu, mais ça m’a aidé à avoir un déclic. Très peu de temps après ma 3ème séance, j’ai vécu quelque chose d’assez grave, et paradoxalement, cette événement m’a sauvé. littéralement. Toutes les pendules dans ma tête se sont remises à l’heure. Je n’ai jamais autant savouré les plaisirs de la vie et été fière de ce que je suis que depuis cet événement. N’hésitez surtout pas à aller consulter un professionnel. Parler à une personne extérieure que vous ne connaissez pas du tout peut vraiment vous aider dans votre démarche de guérison.

COMMANDEMENT X. CES COMMANDEMENTS TOUS LES JOURS TU RÉPÈTERAS

Guérir, c’est un combat de tous les jours, pour n’importe quelle maladie, particulièrement pour la dermatillomanie. ça demande de la rigueur, de la discipline, une répétition, tous les jours, sans relâche, quitte à se faire un peu violence, même si on en a marre, ou qu’on est fatigué. Ne lâchez pas, tenez bon ! Même si parfois j’ai le sentiment d’avoir enfin réussi, d’être guérie, je pars du principe que c’est faux ! Persévérer pendant des années, être prudente chaque semaine, et dans 3, 4, 5 ans, là je pourrais peut-être commencer à dire que je suis guérie. Mais que je dois toujours rester vigilante quoi qu’il en soit. Le trouble rôde toujours, d’une façon ou d’une autre, et attends patiemment de vous retrouver dans un moment de faiblesse.

MAY THE PEAUWER BE WITH YOU

Advertisements