1 an environ après avoir réussi à contrôler mon TCI (trouble du contrôle des impulsions) centré sur le visage, j’ai développé une acné proche de l’acné sévère. C’est venu progressivement. Moins je grattais et percais mes boutons, et plus j’en avais. Pendant environ 8 mois, j’ai vécu un quotidien enfin “paisible”, suite à ma décision de tout faire pour m’en sortir. Plus de tensions face au miroir, plus d’obsession quant à l’aspect de ma peau, plus de grattage et surtout plus aucunes envies de grattage… Le pied quoi ! Les réveils étaient plus sereins, les “mise en beauté” plus rapide, et tous les petits soucis du quotidien me semblaient moins pénibles. J’ai mis longtemps à réaliser que “ça y est, j’y arrive enfin”. Très souvent, je me disais “putain…c’est fou ! Je ne me fais plus tout ce mal… pour rien”, j’étais so happy, quand je repensais à ses années de galère de peau dictée par mes acharnements manuels, j’en venais même à me dire “comment j’ai pu faire autant de mal à ma peau comme ça ?”…

Et puis…. Et puis….

bouton-blanc-acné

Ma grande ennemie l’Acné a fait son come back. En effet, environ 1 an après l’arrêt de cette fameuse pilule dont je dis tout le bien que j’en pense ici, les boutons ont colonisé mon visage (et mon dos, et le haut de mes bras). Chaque semaine un peu plus. Sans gêne. Sans AUTORISATION. Jamais auparavant je n’ai eu autant d’acné. Moi qui avant pendant des mois “admirait” ma peau dans le miroir (pourtant encore imparfaite) tous les matins, j’étais horrifié un peu plus chaque jour, de voir des énormes boutons pustules pullulées sur mes joues, sur mon menton, sur mes mâchoires… Infectés de pu comme jamais, douloureux à serrer les dents au moindre effleurement, bien mis en valeur par des rougeurs qui débordaient tout autour de chaque pustule.

Non non non et NON ! Pas ça !! Pas après des mois d’efforts, de contrôle, de soins, de vigilence !! À croire que ma peau se venge de tout le mal que je lui ai fait… J’avais lu sur internet que l’acné après avoir suivi le traitement Androcur, revenait chez de nombreuses personnes des mois et des mois après l’arrêt, au moment où on s’y attend le moins, mais je ne voulais pas y croire…

Plus aucunes crèmes qui pourtant marchaient relativement bien sur mes boutons à l’époque ne fonctionnaient. Je n’ai rien mis les premieres semaines, pensant que ce n’était qu’un épisode acnéique. J’ai fini par essayer de contrôler la bête, de l’intérieur (par l’alimentation, plus de fruits, plus de légumes, moins de sucre, moins de gras, smoothies verts, eau chaude citronnée…), mais rien de vraiment probant. Un meilleur teint, plus lumineux, mais encore et toujours ces boutons qui poussaient tous les jours. J’ai essayé sur plusieurs semaines plusieurs crèmes, aux huiles essentielles, ou dermatologiques, mais ce n’est que l’effet desséchant que j’ai eu, les boutons étant encore plus douloureux. Après des mois d’échecs crémales, je suis allée chez le médecin, il m’a dit que j’avais une acné de type inflammatoire, que seuls des médicaments pourraient contrôler…ou le temps. Des médicaments… encore !!??…non merci. Je n’en peux plus des médocs.

acné adulte

Puis un jour, j’ai percé ces 3 boutons là, car trop bombés, trop infectés et surtout trop douloureux. Je sentais une vraie tension physique sur chaque bouton, tension qui ne demandait qu’à être apaisée. Plus mes boutons gonflaient gonflaient, s’étendaient sur plusieurs pores aux alentours, plus ma peau m’obsédait face au miroir, plus je ressentais une tension cette fois-ci à l’intérieur de moi. J’avais à peine à appuyer, que mes boutons s’écoulaient déjà, tant ils étaient infectés. Sans laisser aucunes marques, juste la marque d’une peau morte car trop distendue, tant elle avait été déformée par un bouton trop volumineux pendant des semaines.

J’ai tenu bon, pendant de longs mois, m’étant juré de ne plus retomber dans la dermatillomanie. J’ai été patiente, j’ai supporté ces trucs hideux sur mes joues, sur mon menton, sur mes bras. J’ai craqué certaines fois sur des boutons car je n’en pouvais plus, de les voir là jour après jour, sans les voir diminuer. Je le faisais au tout dernier moment, après des semaines de patience, alors que n’importe quel être humain normalement constitué ne souffrant pas de dermatillomanie les aurait percé dès le lendemain de leur arrivé, tant ils étaient en relief, blanc blanco, douloureux, et de la taille d’un petit pois.

Alors comme vous pouvez l’imaginer, les tentations ont été nombreuses, se retenir a été compliqué, surtout que les fois où je lachais prise et où je percais car c’était trop disgracieux et douloureux, je n’avais pas du tout envie de le faire, c’est presque comme si je le faisais à contre coeur. M’étant libérée du besoin de triturer, je n’avais plus aucun besoin ni aucun plaisir à percer. Aucun. Pendant près d’1 an je n’ai pas souffert du manque de triturage, ça ne me manquait pas du tout, et le faire ne m’a procuré aucune satisfaction, il n’y avait plus aucun intérêt, sauf l’intérêt d’avoir un bouton “plat”, plus facilement camouflable, plus du tout douloureux, et moins rouge tomate tout autour.

La plupart du temps, je ne laissais pas vraiment de marque, beaucoup de mes boutons sont partis d’eux même, alors que je n’y croyais plus, en se résorbant ou en s’écoulant d’eux même, me laissant des petits trous rouges/bruns par ci la par là, qui restent, qui semblent ne pas vouloir partir. Mais les démons finissent par revenir, et bien que je m’autorisais à toucher à certains boutons de temps en temps, il suffisait que je sois un peu stressée ou contrariée et les “pressages” étaient plus forts, plus brutaux, plus longs. J’ai donc à nouveau expérimenté les croûtes incamouflables, le mal être, le stress que ça génèrerait. J’ai été très très triste, triste que rien ne m’aide, que pas même ma peau me rende l’appareille du bien que je lui avais fait pendant 1 an. Triste d’être comme forcée malgré moi à adopter à nouveau des gestes malsains, de perçage, de gattage, gestes que je maudis.

Alors j’ai veuillé à ce que mes perçages restent exceptionnels, et heureusement ça l’a été. Je perdais 5/6 énormes boutons par mois environ, mais cela suffisait à me sentir comme….déçue. Surtout quand j’y allais un peu trop fort.

The-Plain-Truth-About-Acne

 

Le bon point, c’est qu’HEUREUSEMENT que j’ai eu cet acné sévère à ce moment là, 1 an après avoir réussi à stopper complètement mes triturages, car j’ai réussi à me contrôler, à m’acharner le moins possible, à percer QUAND JE L’AVAIS DECIDĒ, à accepter d’avoir ces choses sur le visage pendant des semaines. Les conséquences auraient été catastrophiques, désastreuses (et je pèse mes mots) si j’avais développé une acné de ce type à l’époque où j’étais au plus haut de la maladie, où mes triturages étaient quasi quotidien et où je n’arrivais tout simplement pas à ne pas percer dans la durée / à “bien” percer malgré toute ma volonté. Dieu merci, cela est arrivé au “bon moment”, même si j’aurai préféré que ça n’arrive pas tout court.

Voyant que cet acné persistait encore et encore, que ça semblait ne jamais vouloir s’arrêter et que trop jouer avec le feu risquerait de me faire sombrer si ma peau continuait à être infectée de boutons comme ça, j’ai essayé THE crème de la dernière chance dont je parlerai bientôt.

La conclusion que je tire de cet épisode de peau chaotique (qui s’est un peu calmé depuis, mais y’a encore du boulot), c’est que ma peau m’a vraiment poussé dans mes retranchements, et que j’ai réussi tant bien que mal à rester fidèle à mes promesses, j’ai fais du mieux que je pouvais, j’ai relativiser, j’ai tenu bon pour ne pas y toucher, ou alors exceptionnelement (mais j’ai pas vraiment de mérite..l’envie de triturer n’étant tout simplement PLUS LÀ même avec de très gros boutons, après près d’un an d’ “abstinence” ) m’étonnant moi même parfois d’y parvenir.

Mon amoureux m’a dit que je pouvais être fière de moi, de ma resistance malgré des craquages sur certains boutons. Que cette résistance, je ne l’aurai pas eu il y a de ça 2 ans, que j’aurais plongé la tête la première, donc je pouvais être fière de ce progrès déjà énorme. Alors oui, je peux dire que je suis plutot fière de ça, mais pas de ma peau pour autant. Cet acné inflammatoire m’a bien abîmé les joues et le menton, j’ai expérimenté pour la première fois les vraies cicatrices d’acné non excoriée, et je peux vous dire que c’est quasiment aussi pire que les cicatrices que l’on provoque soi même. C’est certes moins visibles, mais beaucoup plus tenace dans le temps…pour ma part.

Et vous, qu’est ce qui a sauvé votre peau de l’acné ? Comment vous en êtes-vous débarrassé ?

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